Dehors le soleil prétentieux brillait et se reflétait sur toutes les eaux. Les nuages passaient en dernier signe d'adieu toujours renouvelé. Peut-être n'était-ce pas toujours le même nuage mais toujours il passait tombait ou disparaissait et revenait. Le ciel tâché de cette marque de vieillesse blanche et duveteuse grondait parfois mais ce jour là était très calme, prêt à accueillir le monde, les veaux les plus sincères et les absents parfois gênants.
Sa chambre se chargeait d'un coup de l'odeur imprégnante du chou-fleur de son frère. Chose inhabituelles au possible dans cette maison silencieuse. Elle, ne sentait rien. Mais la masse odoriférante pénétrait dans la rose de ses draps, sous son dos. Le silence ne régnait plus. Un meuglement traversa le couloir.
Elle, resta immobile, indifférente. Elle, était hermétique, elle avait cessé de penser. Ses sentiments avaient fini de la perturber.
Son frère s'était agenouillé. Il avançait vers la porte. Il l'avait déjà ouverte depuis trois jours. Il avait plié ses journaux Le Monde. Il les avait rangés, par années, en tas, mois par mois. Il avait éteint la musique classique. Il avait débranché les enceintes. Il avait séparé l'ampli. Il avait aussi rangé les cd par ordre alphabétique, en tas, lettre par lettre. Il était allé dans le garage mais pas dans la cuisine, il avait mis ses souliers et sa veste raidi pas la poussière du temps, il avait hésité et avait fini par mettre ses gants, il les avait retrouvé dans un coin habités par une troupe de souris vertes.
Le vent beuglait et il était dans sa chambre à elle. A quatre pattes. Il avait les yeux absents. Le nez humide. Il dégageait la chaleur d'autrefois pour les hiver rudes. Aux narines dilatées. Il avait de chaque côté au sommet de sa tête aux cheveux fins et onduleux deux petites bosses. Excroissance cartilagineuse. Monts cartilagineux. Elle était morte
A un de ces jours...